Un siècle de faits divers : 1902, l’abbé Guillaumin, l’escroc en soutane

L’enquête mit à jour sa situation financière précaire, ses biens étaient grevés d’hypothèques. Ce qui l’autorisa à se donner l’absolution : « Lorsque j’ai remis les sommes que madame Civet m’avait confiées, j’ai agi un peu légèrement peut-être,  mais ajouta-t-il sans sourciller, ma bonne foi ne doit pas être mise en doute car moi-même je suis victime du banquier ». Déclaré en faillite, l’escroc en soutane fut mis à l’ombre à la prison de la Santé à Paris, puis remis en liberté provisoire en attendant le procès.

Il eut lieu le 27 novembre 1903 sans le prélat qui avait pris la poudre d’escampette. De son exil, il prit la plume pour écrire au juge, s’excusa d’être absent de l’audience et démentit avoir reçu des commissions occultes pour ses bons offices. Le tribunal n’en crut rien et l’abbé fut condamné par contumace à deux ans de prison. L’affaire fit la une des principaux quotidiens français[2]  et s’invita même dans plusieurs journaux étrangers, tels The Telegraph de Brisbane (en Australie) et The New York Sunday. Contexte oblige, elle fit le bonheur des anticléricaux.

Mais l’abbé Guillaumin demeure, si l’on peut dire, un enfant de chœur à côté de l’escroquerie montée par « Monsieur Paul », à la fin du xxe siècle[3].

[1] 21 octobre 1902, Le Petit Parisien.

[2] Le Matin, le Petit Parisien, le Petit Journal, Le Figaro, La Croix….

[3] A ce sujet, Gérard Leray, Monsieur Paul, L’escroc qui aimait les pauvres, Ella éditions, 2016.

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