Les navigateurs d’Eure et Loir

Simon Lavo, né en Beauce à Germignonville

Simon Lavo, chirurgien major de Lapérouse, un article d’Alain Denizet in Les navigateurs d’Eure-et-Loir. SAEL, 2007.

          Jusqu’à la parution de l’article en 2005 dans la revue de la SAEL, Simon Lavo était le seul membre de l’état-major de l’expéditions Lapérouse dont on ignorait les racines géographiques et sociales. Alors, qui est Simon Lavo

Un beauceron…

         Simon Lavo est  né à Germignonville en 1755, petit village de Beauce situé entre Chartres et Orléans.  Son père pratique la double activité de marchand et de laboureur. La famille Lavo est aisée car elle possède plus de 30 hectares, 4 « manoirs » et les biens de la boutique où l’acheteur trouve tout aussi bien des sabots, des tissus  que des livres de prière et d’histoire ou encore du tabac de Virginie.

bientôt engagé dans la Marine du roi 

        Après des études de chirurgie et avoir exercé à Germignonville, Simon Lavo est requis en  1777 comme chirurgien major de la Marine à la suite des guerres que la France mène contre l’Angleterre aux Indes et aux Etats-Unis : il faut  armer de nombreux bateaux. Son travail est désormais de soigner les blessés et de veiller à la santé des équipages menacé notamment par le scorbut. De 1781 à 1784, lors de la campagne des Indes sur le Héros, vaisseau de Suffren, il donne toute la mesure de son talent. « Si tous les officiers de santé lui eussent ressemblé, l’escadre aurait perdu infiniment moins de monde » écrit Suffren.

Entre deux expéditions, Simon revient régulièrement au village où sa présence est attestée en  1777, 1784 et en février 1785. Désormais personnalité du village, il suscite l’admiration née des récits où font irruption peuples inconnus et combats héroïques menés avec Suffren.

Lavo participa  à la bataille de Nagatapam en 1782 dans l' Océan Indien. Elle opposa les onze vaisseaux de la Marine royale française, menés par le bailli de Suffren, et les onze vaisseaux britanniques, de Hughes, dans l'océan Indien au large de la colonie néerlandaise de Negapatam, sur la côte du Tamil Nadu, dans le sud de l'Inde.

Lavo participa à la bataille de Nagatapam en 1782 dans l’ Océan Indien. Elle opposa les onze vaisseaux de la Marine royale française, menés par le bailli de Suffren, et les onze vaisseaux britanniques, de Hughes,  au large de la colonie néerlandaise de Negapatam, sur la côte du Tamil Nadu, dans le sud de l’Inde.

l’engagement avec  Lapérouse

      En 1785, Simon Lavo est  retenu pour participer à la plus grande expédition maritime et scientifique  du siècle dirigée par Lapérouse. Simon Lavo, le beauceron de Germignonville, fait ainsi partie des premiers européens à reconnaître les côtes de l’Amérique du Nord, du Japon et de la Tartarie. A ses qualités reconnues de chirurgien, il ajoute un talent auquel rend hommage Lapérouse. « Simon Lavo avait une sagacité particulière pour s’exprimer et comprendre les langues étrangères » dont il use pour composer un lexique qui permet à Lapérouse d’établir le contact avec les habitants des îles Kouriles.

          A terre, Simon « s’occupe de collection de plantes », écrit des lettres à sa famille, mais deux escales sont marquées par des incidents : en 1786, Simon Lavo repousse au fusil une attaque d’indiens en Alaska. Surtout, en 1787, Simon Lavo réchappe  de peu à une attaque de « naturels » de Manoua  en se sauvant à la nage malgré une blessure à la tête qui nécessite une trépanation.

article d'Alain Denizet dans les navigateurs d'Eure-et-Loir

Simon Lavo à la baie de Langle (nord du Japon). Un lavis de Duché de Vancy.
Simon Lavo établit un lexique avec les indigènes. Il avait selon Lapérouse (posté derrière lui), le don des langues.

          L’expédition Lapérouse est sans retour : en 1788, les deux navires se fracassent sur les récifs de l’île de Vanikoro dans le Pacifique. On sait qu’il y eut des survivants dont peut-être Simon Lavo…car selon un récit édité à New York en 1844, Simon Lavo aurait abordé les îles Vitu, au nord de la Nouvelle-Guinée-Papouasie, où il aurait fait souche puisque l’auteur affirme y avoir rencontré en 1834 sa fille et son fils.

Cette  hypothèse fait rêver : le natif de Germignonville serait ainsi le seul rescapé connu de l’expédition Lapérouse…

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