Mai 1903 : course Paris- Madrid, un mort à Bonneval

choniques d'ici et d'ailleurs,

Mai 1903 : Course automobile Paris-Madrid. Sept morts dont Nixon à Bonneval et Marcel Renault, près de Poitiers.

 

Organisée par l’Automobile Club de France, la première course automobile Paris-Madrid est l’évènement sportif de l’année. Cent-vingt-sept as du volant sont inscrits et parmi eux, Leslie Porter et son copilote Nixon, garagistes à Belfast.

Retard fatal

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Leslie Porter au volant et William Nixon en 50 HP Wolseley.

le 24, partis en dehors des délais de Chartres à cause d’incidents mécaniques, ils arrivent au passage à niveau de Bonneval à 11 heures 45. Trop tard. Les agents de sécurité chargés de signaler aux pilotes la dangerosité du virage avaient plié bagage depuis dix minutes…

Lancé à une allure « vertigineuse » – un témoin s’exclama : « Il va arriver un malheur » – Porter ne put virer et fonça dans la maisonnette, provoquant un tel choc qu’instantanément le réservoir à pétrole explosa et la voiture prit feu. Éjecté du bolide, Porter fut retrouvé contusionné. Mais Nixon, encastré dans la carcasse, était mort d’une fracture du crâne.

Le pilote Irlandais au tribunal de Châteaudun

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Luisant : un autre équipage passe au plus près des spectateurs…

( Arch d’Eure-et-Loir, fonds Nessler-Rioton, 39 Fi 14-206.B)

Le 14 janvier 1904, inculpé d’homicide par imprudence, le pilote s’expliquait devant le tribunal correctionnel de Châteaudun. Sensible aux arguments de l’avocat qui avait dénoncé l’incurie de l’organisation, le juge se contenta d’une amende de 200 francs. La course s’arrêta d’ailleurs à Bordeaux, au terme d’une première étape meurtrièreCar au malheureux Nixon – premier de la série – s’ajoutèrent sept autres morts, spectateurs ou compétiteurs comme Marcel Renault près de Poitiers, frère de Louis…

Le début des circuits automobiles

chroniques d'ci et d'ailleurs Alain Denizet faits diversLe 28 mai, l’éditorialiste du Journal de Chartres s’inquiète de ce que les bolides s’accaparement les routes nationales  là où « il faisait si bon se promener la canne à la main le dimanche ». Du cent et du sang », dénoncèrent les journaux. Les courses automobiles avec étapes entre villes furent interdites. Les bolides n’eurent alors le droit de rugir que dans des circuits fermés.

En savoir plus : Page wikipédia Paris-Madrid 1903 et Jean-Robert Dulier, La Grandiose et meurtrière course Paris-Madrid, éd. automobiles Paul Couty, 1966, 190p.